Mes Fanfictions sur FF.net

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Fanfictions sur Fullmetal Alchemist

Voyage :
Première partie
intro+prologue+13 chapitres+épilogue

Deuxième partie
prologue+3 chapitres [non publiés]

Effet Papillon
prologue+17 chapitres+épilogue

De la Haine à l'Amour
intro+22 chapitres

Lady Hawk
prologue+6 chapitres+épilogue

Un año de amor
OS

Hallowee'n
recueil : 2 OS

Fils de Lumière
prologue+17 chapitres+épilogue

Expérience
OS

La Valse
OS

Virus
intro+prologue+4chapitres

Le Cheval Bleu
18 chapitres

Des Yeux couleur d'Enfant
prologue+3 chapitres

La Perle Verte
prologue +4 chapitres

Au Clair de Lune
intro+3 chapitres

P'tit Ange
3 chapitres

Les Merveilleuses Aventures des Frères Elric
10 chapitres

Recueils de OS, drabbles et trucs encore plus courts...
24 drabbles

Traductions

Definition of Love
terminée
OS

A Meeting With Frankenstein
terminée
OS

Défis de Dragonna

n°1 : Se reconstruire une vie
prologue+6 chapitres

n°5 : Le petit bol de porcelaine bleue
prologue+1 chapitre

n°12 : Le Cavalier du Désert
prologue+5 chapitres

n°14 : Le C½ur du Corsaire
prologue+6 chapitres

n°32 : Grand Frère
4 drabbles

n°21 : Lapsus révélateur
OS
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# Posté le samedi 21 février 2009 10:10

Modifié le jeudi 19 novembre 2009 12:09

Homonculus

Homonculus
Inspiration : le roman "Je suis une légende".
Une façon d'écrire qui m'est inhabituelle, mais que j'aime beaucoup !
Et avec en guest-star : Aha ! Vous verrez bien... ^^

Prologue

Homonculus.

Scientifiquement parlant, l'homoncule est une représentation déformée du corps humain ; l'homoncule moteur, désigne l'organisation de la commande motrice des muscles du corps humain à la surface du cerveau : ainsi, une région corticale donnée a une surface d'autant plus grande que la partie du corps considérée est plus complexe du point de vue de sa motricité. Par exemple, la surface correspondant à la main est très grande, surtout la surface correspondant au pouce, au contraire de celle correspondant à la jambe, plutôt réduite. Dans l'homoncule sensitif, de manière similaire, la représentation d'une partie du corps est d'autant plus étendue sur le cortex que la sensibilité y est fine et complexe. D'où ces étranges personnages aux mains démesurées, au sexe proéminent et aux lèvres immenses...

Mais en alchimie, on désigne par Homonculus un être créé artificiellement, caricature d'être humain, créatures souvent difformes et sans âme. Nombreux sont les alchimistes qui ont pratiqué la transmutation humaine pour tenter d'en créer un. La rumeur veut que la pierre philosophale soit nécessaire à cette entreprise. La pierre n'étant elle-même qu'une légende. Mais cela ne devait pas arrêter tous ces pseudo-scientifiques qui s'activèrent dans leurs recherches. Dans la fantasmagorie des gens, l'homoncule ainsi créé était censé servir son maître et posséder des pouvoirs surnaturels. Les véritables expérimentations montrèrent que la chose résultant de la transmutation humaine ne pouvait guère que peiner à respirer... avant de mourir purement et simplement. La difficulté principale résidait tout d'abord dans le fait de reconstituer une copie de corps humain, fonctionnel et viable. Un simple assemblage des éléments constitutifs d'un corps humain n'était pas suffisant pour en reproduire une copie. Malgré les formules de construction, toutes plus complexes et poussées les unes que les autres, il résidait un problème de connaissance et d'analyse de l'objet à transmuter. Et malgré les prodiges alors possibles grâce à l'alchimie, l'organisme vivant dans sa complexité restait un pur mystère. Connaître globalement les mécanismes de la respiration, de la digestion, ou du mouvement, n'était pas suffisant, comme certains en ont amèrement fait l'expérience. Un savoir plus précis n'était alors pas accessible, et l'idée fut lancée d'utiliser un corps déjà constitué. Les mythes prirent vie lorsque la première transmutation humaine fut tentée avec pour ingrédient des organes prélevés sur une victime. Le début de réussite de cette transmutation encouragea les pires folies : la morale voulut qu'on utilise des condamnés à mort, mais bientôt, il en fallut bien plus à tous les alchimistes qui travaillaient sur ce projet. Ce rêve fou de fabriquer une créature à notre image, comme Dieu autrefois avait façonné l'homme.

Il restait toutefois une deuxième difficulté. Les créatures à l'apparence humain n'étaient alors qu'un amas de chair sanguinolente, et bien que l'ensemble fonctionne, et survivre même quelques jours - ô grande joie - elles ne se mouvaient pas de leur plein gré, étaient pratiquement mourantes, et semblaient ne posséder de cerveau que l'organe en lui-même. Le problème résidait dans le fait de donner une psyché à ces pantins de chair. La grande révolution qui permit une avancée dans la recherche d'une solution à ce problème, fut la découverte d'une pseudo-pierre philosophale ; la "pierre rouge" n'était alors qu'un simulacre du fameux mythe, mais les alchimistes s'intéressant à lui avaient mis au point une méthode de distillation permettant d'obtenir un composé mi-solide, mi-liquide, d'une intense couleur rouge et aux propriétés alchimiques phénoménales. Un embryon de pierre philosophale venait de naître dans les entrailles de leur laboratoire, et allait permettre un immense pas en avant dans la recherche de la transmutation humaine parfaite.
Et comme une découverte n'arrive jamais seule, quelques temps plus tard, un homoncule viable, en bonne santé et autonome, naquit dans ce même laboratoire. À partir de ce moment, les scientifiques n'eurent de cesse de rechercher la perfection dans ces êtres, voulant même déterminer leur apparence jusqu'à la couleur des yeux ou des cheveux... La créature parfaite était en marche, et arriva plus vite qu'on ne l'aurait sans doute voulu...

Les recherches se focalisèrent rapidement sur l'homoncule en lui-même, et une batterie de tests permit de mettre en évidence certains points fondamentaux : les homonculus ne maîtrisent pas l'alchimie ; ils en comprennent plus ou moins les bases, les théories, mais sont incapables d'activer le plus simples des cercles de transmutation. Les homonculus, du fait de la pierre rouge présente dans leur organisme, révèlent une incroyable capacité de régénération, leurs blessures se résorbant pratiquement à vue d'oeil. Enfin, côté pouvoirs surnaturels, la légende ne se révéla pas tout-à-fait infondée : les homonculus affichent des aptitudes proprement effrayantes à modifier leur corps de différentes façons, que ce soit pour changer d'apparence, se couvrir d'une carapace de carbone indestructible, allonger certaines parties du corps, ou encore se transformer en golem d'eau. Le point commun à toutes ces aptitudes, particulières selon les individus, étant que la transformation, quelle qu'elle soit, requérait les éléments constitutifs d'un corps humain normal. Une fois l'homoncule quelque peu formé ou instruit, il était inévitable qu'un tel pouvoir lui monte à la tête...

Et c'est précisément au moment où les créatures acquirent la conscience de leur existence et de leur être, que les scientifiques perdirent définitivement le contrôle de la situation...

# Posté le mardi 07 juillet 2009 16:01

Modifié le vendredi 10 juillet 2009 08:36

Parents pour une Semaine : Mardi

Rating: K+/T
Genre: Romance et Humour, Family
Disclamer : défi 37 de Dragonna ; Fullmetal Alchemist est la propriété de Hiromu Arakawa.

Parents pour une Semaine

Mardi
Domicile des Hughes, 9h10

"Oui, bien sûr... Mais oui, maman, je serai là... ! ... Ne t'inquiète pas, il ne me faudra qu'une journée pour le voyage... Oui... bien sûr, maman... Oui, moi aussi... ! ... D'accord... Dis bien à papa que j'arrive... Oui, à bientôt."
Gracia Hughes soupira d'un air las en reposant le combiné.
"Qu'est-ce qu'il y a, maman ?"
Elle baissa les yeux sur sa fille ; Élysia la regardait de son petit air curieux, un ours en peluche dans les bras. Elle s'accroupit pour lui expliquer :
"Écoute, mon ange, il se passe quelque chose d'important. Mon père est malade, et ma mère est très inquiète. Alors je vais aller les voir pendant quelques jours."
"Grand-papa et Grand-maman ?"
"Oui. Il faut que j'aille les voir parce qu'ils ont besoin de moi."
"Chouette ! Je vais leur faire un beau dessin !" La petite fille partit en courant vers le salon. Gracia se releva précipitamment pour la suivre :
"Euh, non... ! Non, mon ange, je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée que tu viennes, cette fois..."
"... Pourquoi... ?" fit Élysia, les yeux larmoyants.
"Parce que... Grand-père est malade... il ne va pas bien... il a besoin de repos, et je ne pense pas qu'il serait content que tu sois là..."
"Pourquoi ? C'est pas grave d'être malade !"
"Oui, bien sûr, mais tu comprends, il ne veut pas que tu t'inquiètes pour lui..."
"Oh... mais... je vais rester toute seule ?"
"Non, ma chérie. Je vais trouver quelqu'un pour s'occuper de toi, d'accord ?"
"Bon, d'accord..."
Laissant donc sa fille retourner jouer au salon, Gracia reprit le combiné.

QG militaire, 10h02

Lorsque le Fullmetal entra au QG de Central ce matin-là, il ne s'attendait certainement pas à trouver le Colonel Mustang, assis à son bureau(1), le visage livide et l'air paniqué. Renonçant à hurler son mécontentement au sujet du rapport qu'il était censé rendre, il approcha simplement pour demander :
"Qu'est-ce qui se passe ?" Le regard apeuré du Colonel le laissait un peu perplexe, et vaguement inquiet. Il eut définitivement peur lorsque Mustang répondit :
"C'est Élysia..."
Un rapide coup d'oeil circulaire dans la pièce l'informa cependant des mines blasées et/ou compatissantes et/ou mortes de rire du reste de l'équipe. Soupçonnant dès lors le coup fourré, il fronça les sourcils d'un air sceptique :
"Qu'est-ce qu'elle a, Élysia... ?"
Sa question sembla réveiller Mustang, qui cligna des yeux et se redressa dans son fauteuil dans lequel il était avachi. Reprenant contenance sous l'oeil amusé du blond, il finit par expliquer d'un ton plus posé :
"Gracia m'a téléphoné il y a une petite heure. Son père est souffrant, et elle quitte la ville ce soir pour le rejoindre. C'est à quelques stations vers l'Ouest."
"Je vois... Et qu'est-ce qu'Élysia vient faire là ?"
Le Colonel le fixa une seconde.
"Gracia m'a téléphoné pour me demander de m'occuper d'elle le temps qu'elle restera auprès de ses parents."
Edward retint à peine un sourire narquois, et commenta d'un ton doucereux :
"Mais c'est bien normal qu'elle demande au meilleur ami de son mari de s'occuper de sa fille... ! C'est un service comme un autre, après tout... Je vous souhaite bien du courage, Colonel !"
Il posa son rapport sans cacher sa grimace hypocrite, et s'apprêtait à faire demi-tour que Mustang le rappelait :
"Il t'en faudra aussi, Fullmetal... !"
Ed se retourna d'un coup.
"Quoi ?"
"J'ai une mission pour toi..." fit le Colonel de ce même sourire narquois qu'il avait eu un instant plus tôt. "Et c'est.... M'aider à m'occuper d'Élysia pendant une semaine !!"
BAM ! (baffe virtuelle dans la tronche au blond. Mustang est doué pour ça, y a qu'à voir les yeux écarquillés du Fullminus en cette seconde...)
"Ça va pas la tête !!?"
"Je te prierai de baisser d'un ton, Edward... Et tu ne peux pas refuser cette mission, c'est un ordre !"
"Vous êtes si nul que ça avec les mômes ?!!"
"Oh, j'ai déjà un peu d'expérience avec toi, mais elle a quand même cinq ans..."
"CONTINUEZ AVEC VOS SOUS-ENTENDUS DÉBILES ET JE VOUS LAISSE VOUS DÉMERDER TOUT SEUL !!!!!"
"... Oh... Ça veut dire que tu acceptes ?"
"Que ?" s'interrompit Ed, le poing en l'air.
"Comme je le disais, elle a quand même cinq ans, elle ne laissera pas avoir aussi facilement que toi... !"
"QUI VOUS TRAITEZ DE MINUS SI PETIT QU'IL PASSE INAPERÇU DANS UNE COUR DE MATERNELLE !!!!?"
Ce fut la goutte d'eau.
Heureusement pour eux, les dossiers ET le téléphone restèrent intacts. Une fois qu'ils furent mis dehors par le Lieutenant Hawkeye qui semblait penser que les bagarres n'étaient pas propices au remplissage des dossiers(2), ils s'éloignèrent vers le réfectoire militaire.
"Vous alors..."
"Qu'y a-t-il, Fullmetal ? Tu angoisses pour la semaine à venir ?" fit Roy avec un sourire, ravi d'échapper au travail pour une fois.
"Pfff... Si c'était moi l'angoissé, vous ne m'auriez pas demandé mon aide !" triompha Edward avec un sourire moqueur.
Décomposition de la face arrogante du Flame Alchemist. C'était vraiment drôle, comme il semblait anxieux...
"Sérieusement... C'est la fille de votre ami... Pourquoi vous avez peur ?"
"Fullmetal..." soupira Mustang en passant une main sur son visage d'un air las. "C'est une petite de cinq ans..."
"Et alors ?"
"Je travaille... !"
"Et alors ?"
"Et alors comment veux-tu que je m'occupe de cette gamine pendant une semaine ?! En plus, j'y connais rien.... !"
"AH ! Vous l'avouez enfin !" clama l'index accusateur du Fullmetal.
Silence mortifié.
"... merde..."
À moitié mort de rire, essuyant une larme, Ed tenta tout de même de le rassurer : "Je dirai rien à personne, promis... ! Et puis," ajouta-t-il avec un sourire canaille, "puisque j'en ai l'ordre, je vous donnerai un coup de main... !"

Domicile des Hughes, 11h36
Gracia Hughes était certaine en cet instant de devenir folle.
Au milieu des valises ouvertes et du linge à moitié (dé)plié étalé sur le lit sautait une Élysia en train de rire aux éclats tout en débitant un flot de paroles incompréhensibles, même pour sa pauvre mère.
Alors qu'elle tentait de temporiser sa fille pour réussir à boucler leurs valises, la sonnerie de la porte d'entrée retentit, terminant de l'exaspérer...
L'ouvrant à la volée, elle était prête à renvoyer sèchement celui, qui qu'il soit, qui venait la déranger.
"Qu'est-ce que vous... !..."
Elle s'interrompit à temps quand elle découvrit Roy et Edward sur le seuil, avec un sourire et un sac de courses dans les bras.
"Bonjour, Madame Hughes !" lança joyeusement Edward, qui portait le sac.
"J'ai pensé que tu serais plus tranquille pour préparer tes affaires si on allait promener Élysia..." expliqua Roy, une main derrière la tête d'un air gêné.
"Oh... c'est vraiment gentil, je..."
"Tonton Roy !!"
Le Colonel s'accroupit juste à temps pour recevoir la petite brune dans les bras.
"Coucou, Élysia... !" fit Ed en posant le sac à terre pour s'appuyer dessus en se penchant vers la gamine. "On va pique-niquer au parc, tu viens avec nous ?"
Ses exclamations enjouées furent une réponse des plus explicites. Après un baragouinage gêné du Colonel comme quoi ce pique-nique était l'idée d'Ed et absolument pas la sienne devant le sourire amusé de Gracia, ils finirent par s'éloigner, prenant chacun une main de la petite ; Gracia les remercia et les regarda partir en direction du parc avec soulagement.

Parc de Central, 12h51
Elle jouait depuis un peu plus d'une heure, alternant entre les balançoires, le tourniquet et le toboggan, riant comme une bienheureuse et entraînant malgré elle son "petit-grand-frère" avec elle.
Assis sur un banc non loin des jeux, Roy les regardait s'amuser, étant cantonné à la surveillance du déjeuner, dans le sac posé à côté de lui. Non pas qu'il eût eu envie de les rejoindre, bien sûr... Mais bon... il aurait presque préféré s'occuper en remplissant les dossiers... *presque*...
Toutefois, il était amusant de voir le Fullmetal faire l'idiot et jouer comme un gamin avec la petite. Ainsi, il ressemblait plus à un adolescent normal et heureux, si l'on exceptait l'éclat du soleil se réfléchissant sur son bras droit.
Quand il ne put supporter de la pousser encore une fois sur la balançoire avec le ventre gargouillant, Ed proposa :
"T'as pas faim ? Si on allait manger, maintenant ?"
"Oui !!" cria Élysia en sautant dans l'herbe, et courant jusqu'au banc. Roy la regarda venir avec appréhension, mais elle ne lui sauta pas sur les genoux : elle grimpa à côté de lui et attendit dans un grand sourire qu'Edward les rejoigne avant de réclamer son déjeuner.

Parc de Central, 13h27

Élysia terminait de sucer ses doigts pleins de chocolat, sous le regard amusé d'Ed et un peu dégoûté de Mustang.
"Je peux en avoir encore ?" fit-elle, désignant ce qui restait du gâteau. Le blond sourit et lui en resservit une petite part, étant donné que c'était la troisième. "Je peux aller la manger sur la balançoire ?" demanda-t-elle, les yeux suppliants. Ed répondit d'un signe de tête et un petit rire. Et la petite partit en courant s'asseoir et manger son morceau de gâteau tout en se balançant légèrement. Les deux autres la regardèrent pendant un long moment.
"Tu as l'air de savoir y faire, avec les gosses..." remarqua le Colonel.
Edward tourna la tête vers lui.
"Oh, bah... Y a pas mal de gosses à Resembool... Et puis... Malgré son armure, Al attirait toujours les enfants. Il était trop gentil pour qu'ils aient peur de lui... !" termina-t-il dans un éclat de rire.
Roy sourit gentiment : "Et aujourd'hui ?"
"Aujourd'hui, c'est la coqueluche du village ! Il ne se passe pas une journée sans qu'il reçoive de la visite... ! Winry serait devenue folle s'il n'insistait pas pour les laisser entrer... !"
"Il va mieux ?"
"Oui, il s'est bien remis... Mais il ne peut toujours pas quitter la maison..."
Son regard doré se perdit dans l'herbe tendre dans laquelle ils étaient assis. Roy n'insista pas, et reporta son attention sur Élysia.

Mayflower Street, 17h06
Harassés par une après-midi entière à courir avec une gamine surexcitée, Roy, et surtout Edward, remontaient lentement dans la rue qui menait à la maison d'Élysia. Celle-ci tenait les deux hommes par la main, avec une mine fatiguée qui indiquait : mission diversion réussie ! Ce qui était une maigre consolation puisque Ed aurait donné n'importe quoi ne serait-ce que pour un coussin (ne parlons pas d'un lit, ç'aurait été trop beau...) Ils arrivèrent devant la porte de Gracia à laquelle le Colonel frappa avec moins d'énergie que ce matin. Elle ouvrit rapidement, et dans le couloir de l'entrée, ils purent voir deux valises et un sac de voyage prêts.
"Maman... !!"
La petite sauta dans les bras de sa mère, qui la ramena à l'intérieur tout en invitant les deux autres à en faire autant. Ils s'installèrent au salon et attendirent que Gracia revienne, ce qui ne prit que quelques instants.
"Merci beaucoup, Roy ! Ed... !"
"Je t'en prie. Est-ce que tu as terminé ?"
"Oui. Je pars avec le train de 18h. Élysia est en train de se changer, je lui ai préparé ses vêtements pour une semaine, quelques jouets, tout est dans la valise. Je te confierai les clés pour que tu puisses entrer en cas de besoin."
"D'accord."
"Je t'ai aussi préparé une liste de repas, ses heures de sieste, ses devoirs de vacances, et son rendez-vous chez le dentiste..."
"Je vais devoir l'emmener ??"
"... Roy, ce n'est qu'un docteur comme les autres, tu sais..."
Edward éclata de rire à la remarque, et Roy se rembrunit.
"Attention, Fullmetal, un mot de trop... !" menaça-t-il. Mais Ed secoua la tête, trop hilare pour répondre. Gracia termina ses recommandations, puis remonta à l'étage leur ramener le mo... petit ange qui vivrait avec eux pendant une semaine...

Gare de Central City, 17h53

"Sois sage, ma chérie... ! Je te téléphonerai dès que je serai arrivée chez grand-père et grand-mère."
"D'accord !"
"Surtout, tu obéis bien à Roy, et à Ed aussi, c'est compris ?"
"Oui !"
"Alors fais-moi un bisou maintenant !"
La petite se jeta dans les bras de sa mère, puis Gracia Hughes adressa un sourire aux deux hommes qui se tenaient devant elle avant de monter dans le train en agitant la main vers sa fille ; le chef de gare porta ses bagages à l'intérieur du wagon, et elle apparut bientôt à une fenêtre pour leur faire signe. Élysia agitait les bras avec un grand sourire, mais ses yeux brillants indiquaient clairement que la séparation, aussi brève soit-elle, d'avec sa mère la chamboulait beaucoup. Quelques minutes plus tard, le sifflet retentit et le train s'ébranla, et Gracia disparut progressivement de leur vue en agitant la main dans leur direction. Un petit moment après que le train fut parti, Élysia se tourna enfin vers les deux hommes avec un grand sourire :
"... Super ! On va bien s'amuser !"
Bizarrement, et sans s'en rendre compte, Roy et Ed déglutirent ensemble à la vue de la mine inquiétante de la gamine...

Mardi soir, Domicile du Colonel Mustang

Roy se laissa tomber dans son canapé, épuisé par la soirée. Ed le rejoignit une seconde plus tard, poussant un soupir las à l'idée de la semaine à venir.
"... ça y est ?" s'inquiéta l'adulte.
"Ouais. Elle dors..." confirma le blond.
"Ouf..."
Mustang s'enfonça davantage dans les coussins, fermant les yeux de soulagement ; Ed regarda un peu autour de lui.
"C'est sympa, chez vous..." Il n'avait pas vraiment eu le temps de détailler la maison quand il était arrivé, étant donné la présence d'Élysia et leur obligation de s'en occuper...
"Merci..." souffla Roy. "Venant de quelqu'un qui a aussi mauvais goût que toi, je préfère le prendre comme un compliment."
Edward se rappela à temps de la gamine qui dormait à l'étage, et du calvaire(3) qui recommencerait si elle se réveillait. Alors, au lieu de hurler, il balança son poing dans les côtes de son supérieur qui étouffa un gémissement en serrant les dents.
"Crétin... !"
"De rien."
Ils se foudroyèrent du regard un instant, puis s'enfoncèrent à nouveau dans les coussins en soupirant en ch½ur.
La semaine promettait d'être épuisante...

(1) Et oui, c'est rare de voir Mustang derrière son bureau...
(2) Quelle idée, Lieutenant, vraiment.... !
(3) Je vous passe les détails de la soirée, vous en aurez un aperçu dès le lendemain !
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# Posté le jeudi 27 août 2009 05:43

Modifié le jeudi 27 août 2009 05:59

Enlèvement & Retrouvailles : Chapitre 1

Enlèvement & Retrouvailles : Chapitre 1
Titre : Enlèvement et Retrouvailles
Auteur : Moi !
Fandom&Disclamer : Défi n°20 de Dragonna ; les personnages de Fullmetal Alchemist sont à Hiromu Arakawa.
Rating : K+
Paring : ... ça s'appelle pas un spoil, ça ? XD
Note(s) : Bonne lecture !


Chapitre 1 : Une vie bien compliquée

Le discours monotone du vieil homme en face d'eux, sur la scène de l'amphithéâtre, semblait avoir un effet plutôt soporifique sur les étudiants qui écoutaient, répartis sur les bancs de la salle ; certains, assidus, prenaient des notes et intervenaient dans le cours pour poser des questions ; d'autres, se contentaient d'écouter d'une oreille, chuchotant entre eux le reste du temps ; les derniers, enfin, ne se dissimulaient pas pour piquer un roupillon sur leurs cahiers, cette heure de la matinée étant encore propice au sommeil. Le professeur ne semblait pas y accorder une attention particulière, et faisait son cours normalement, répondant aux questions des élèves sérieux.

Un coup de coude le fit sursauter :
"Roy !"
"... gné ?"
"Redresses-toi, le prof te regarde... !"
Le dénommé Roy se rassit correctement sur le banc, bâillant et les yeux à moitié fermés, reprit un stylo en main et reporta son attention sur le cours. À côté de lui, Maes Hugues, son meilleur ami, le fixait d'un regard inquiet.
Ce fut pendant la pause entre les deux premières heures du cours de la matinée, qu'il demanda finalement :
"T'es une vraie loque, aujourd'hui... Mal dormi ?"
Roy Mustang, jeune étudiant de l'école des officiers de East City, s'étira sur son banc en marmonnant.
"Hmmm... désolé, j'ai travaillé tard, hier soir... et Ed s'est réveillé toutes les heures, cette nuit, je crois qu'il est malade..."
"Tu l'as dit à Madame Sharon ?"
"Oui oui... elle a dit qu'elle s'en occuperait..."
"Tu devrais te ménager un peu, mon vieux... On dirait que t'es plus bon à rien, depuis quelques semaines... !"
"C'est que j'ai trouvé un nouveau job... dans le café à côté du QG militaire... En plus de ma garde à la librairie, ça me fait deux fois plus à la fin du mois..."
"Tu crois vraiment que tu n'en fais pas un peu trop ?"
"Ça va... de toute façon, j'ai pas le choix... Si Ed est malade, faudra bien que je l'emmène chez un médecin..."
"Tu sais que tu peux me demander !"
"Maes, ramène pas ça sur le tapis, veux-tu ? Je t'ai déjà répondu à ce sujet... !"
Le prof annonça la fin de la pause, et ils se turent tandis que le cours reprenait.

Roy quitta le quartier militaire tôt ce jour-ci. Maes n'avait pas cette chance, car il devait participer à un stage pratique sur le tir à arme-à-feu. Pour sa part, Roy n'avait assisté qu'à des cours magistraux ; il rentrait donc de bonne heure chez lui, dans son petit appartement dans la même rue que le QG militaire ; l'établissement réservé à la formation des officiers était tout près du dit QG, du coup, il se trouvait que Roy habitait tout près de l'école, ce qui était fort pratique en certaines situations.
Il monta les escaliers de l'immeuble jusqu'au troisième étage ; introduisit la clé dans la serrure de la porte numéro 15 ; entra dans le petit vestibule, où il se débarrassa de son manteau bleu d'uniforme ; alla déposa ses affaires de classe sur la table de la pièce centrale de l'appartement ; il s'agissait du salon, qui servait aussi de salle à manger et de bureau : la table au milieu, quatre chaises autour, deux fenêtres situées près des murs, ceux-ci recouverts d'étagères sur lesquelles s'entassaient divers livres, rapports, vaisselles... Sur la droite, une porte donnait sur la petite cuisine, équipée d'un four, d'un réfrigérateur, d'une gazinière, de nombreux placards renfermant les rations de survie... pardon, les produits alimentaires, et une fenêtre ; dans la cuisine, une autre porte donnait sur un autre placard, aménagé de sorte d'y ranger vêtements lourds, paires de chaussures et accessoires encombrants.
À gauche du salon/salle à manger/bureau, une quatrième porte donnait sur la chambre du jeune homme ; celle-ci contenait : une dernière porte vers la salle de bain, un lit deux place pas si grand que cela, une commode et une armoire, ainsi qu'un fauteuil à bascule près de la dernière fenêtre. À noter également la présence du berceau, entre le mur et la tête de lit, et de plusieurs jouets pour enfants...

Roy prit rapidement une douche et se changea, puis fit le tour des placard de la cuisine en notant sur un papier les produits dont il manquait ; puis il alla au placard d'où il sortit un porte-bébé. Il quitta ensuite son appartement, prenant soin de refermer soigneusement à clé, et se dirigea au deuxième étage, vers le numéro 32, à la porte duquel il frappa trois coups secs.
"Une petite seconde !" retentit une voix féminine, mais âgée, depuis l'autre côté.
Le cliquetis dans la serrure résonna, puis la porte s'ouvrit sur une vieille femme, le visage souriant, ses cheveux gris parsemés de blanc tirés en chignon ; elle portait une longue robe sans forme, mais d'un motif élégant, et eut un grand sourire en le voyant :
"Roy ! Toujours à l'heure !"
"Comme tous les jeudis, madame Sharon... !"
"Entre vite, il est presque prêt !"
Elle s'écarta pour le laisser passer, et il la suivit à l'intérieur de l'appartement ; celui-ci était plus spacieux, et moins modeste que le sien. Madame Sharon était une retraitée qui approchait de ses soixante-dix ans ; elle était d'une nature généreuse et aimable, et aimait rendre service, au mieux de ses capacités. Quand ce jeune homme de dix-sept ans était venu s'installer près de chez elle, elle n'avait pas pu lui refuser sa demande presque suppliante...
"Edo chéri ? Regarde qui est là ! C'est papa !" chantonna-t-elle au petit qui s'agitait dans sa chaise haute.
L'enfant avait un an. Il avait une touffe de cheveux blonds comme le soleil, et deux billes d'or qui brillaient de joie en reconnaissant le visage familier de son père. Il agita les bras en les tendant vers le jeune homme, mais la vieille dame rit en disant :
"Non non, trésor, il faut terminer de t'habiller !" et elle lui enfila tant bien que mal le manteau du petit, qui gazouillait de plus en plus fort en répétant 'papa'. Roy sourit, et s'informa sur la santé de son fils.
"Il a bien un peu de fièvre, mais rien d'autre, je pense que ce sont les dents. Tu dois déjà avoir de quoi le soulager, n'est-ce pas ? Il ne pleure pas beaucoup, mais s'il a mal, tu sais quoi lui donner..."
"Tout à fait. Si ce n'est que ça, ça ira. Merci, Madame Sharon... !"
"Je t'ai déjà dit de m'appeler Molly ! Allez, rentre bien, et fais attention qu'il ne prenne pas froid, avec le temps qu'il fait en ce moment... !"
"Compris ! À demain."
"Au revoir, Edo chéri... !"
L'enfant sourit à la vieille dame, en même temps que son père le plaçait dans le porte-bébé, qu'il passa autour de son cou et ferma dans son dos ; bien emmitouflé dans son manteau et le rembourrage du tissu, il ne put plus bouger autrement qu'en levant la tête, qu'il préféra poser contre la veste de son père. Ses petits yeux se fermèrent doucement, faisant sourire les deux adultes (Roy n'est pas encore majeur, mais par rapport à lui, c'est un adulte...). Puis le jeune homme quitta l'appartement de Madame Sharon, et descendit dans la rue, vers les magasins.

Les courses furent rapides, notamment parce que cette fois-ci, Ed s'était endormi contre lui. D'habitude, il cherchait à toucher à tout, et Roy avait souvent du mal à finir en moins de deux heures. De plus, aucune femme dans les rayons du magasin, donc pas de perte de temps à discuter et à écouter leurs compliments et leurs conseils... Ceci dit, il appréciait toujours qu'elles prennent le temps de s'arrêter pour Ed. Depuis quelques mois qu'il vivait à East City, certaines le connaissaient bien, et connaissaient sa situation ; elles lui offraient leur aide sans arrêt, mais il refusait souvent. Il pensait qu'il était capable de se débrouiller.

Il rentra un peu plus d'une heure plus tard, les sacs de provisions pendant sur ses doigts meurtris ; mais il déposa le tout dans le vestibule, et laissa les sacs en plan pour s'occuper d'abord d'Edward, qui se réveillait.
"Coucou, bonhomme... !"
Il le sortit délicatement du porte-bébé, et se dirigea vers sa chambre, dont il ferma la porte, pour le déposer sur le lit et le déshabiller.
"Ouch... ! Tu as rempli ta couche, on dirait, pas vrai ?"
L'enfant lui répondit par un grand sourire, et se mit à battre des bras en chantonnant. Roy rit et le changea avec soin, avant de le poser à terre. Le petit se mit aussitôt à quatre pattes et parcourut la pièce ; Roy alla à la salle de bain, et prépara la douche pour lui faire prendre un bain (le sol de la douche était carré, dont les bords surélevés, ce qui permettait de faire couler un peu d'eau ; pour un bébé, la place était suffisante). Tandis qu'il remplissait la petite baignoire, il vit le petit blond arriver à quatre pattes, ses petites mains tapant sur le carrelage bleuté de la salle de bain ; il le laissa venir jusqu'à lui, et le souleva en riant.
"Que tu es doué, bonhomme ! Bientôt tu courras partout dans la maison... !"
L'enfant eut un éclat de rire et battit des mains, puis son père le déshabilla et l'installa dans la douche, et coupa le robinet. Il utilisa un savon doux pour faire mousser l'eau ; le petit tenait bien assis, il avait l'habitude. Il réclama dans un babillage joyeux ses jouets de bain en tendant les mains vers le jeune homme.
Roy aimait ces moments-là ; juste tous les deux, sans penser à rien d'autre. Quand il l'aurait fait manger et coucher, il devrait se remettre à étudier. De plus, le jeudi était la seule journée de la semaine, où il pouvait passer une longue soirée tranquille avec son fils. Le lendemain soir, il devait retrouver Maître Hawkeye, son professeur d'alchimie (celui-ci ignorait que Roy faisait des études militaires, et encore moins qu'il avait un fils). Mais le jeune homme était confiant ; il s'en sortirait. Une fois passé le diplôme d'alchimiste d'État, le gouvernement lui attribuerait une bourse pour continuer ses recherches, et cela plus son salaire de soldat serait amplement suffisant pour financer tous les besoins de son fils.
Le bébé riait en claquant des mains dans l'eau, envoyant des éclaboussures un peu partout. Roy attrapa les petites mains blanches et les garda dans les siennes, entonnant une chanson qui nommait les doigts ; Ed semblait toujours captivé quand il saisissait ses doigts l'un après l'autre, bercé par sa voix souriante.
Le bain se termina. Une fois sec et habillé, Roy garda son fils dans les bras, et retourna au salon ; assis et bien installé, il commença à étaler ses cours de la journée pour étudier. Mais avec Ed contre lui, c'était impossible, et il le savait : c'était tout simplement trop amusant, la façon qu'avait l'enfant de chercher à grimper sur la table pour attraper les papiers (en les déchirant à moitié... la bonne excuse pour ne pas réviser, n'est-ce pas ?)

L'heure du repas :
"Allez, Edo, assieds-toi. On va manger !"
"Amm !"
"Oui, miam... !"
Il lui attacha le petit bavoir, toujours impressionné quand l'enfant, assis dans sa chaise haute, baissait la tête pour exposer sa nuque et lui faciliter la tâche. Puis il déposa l'assiette devant lui et tendit une première cuillerée. Le bébé ouvrit grand la bouche avec une expression impatiente. Quand il entendait les récits des mères, il était toujours étonné qu'elles se plaignent que leurs petits jouent avec la nourriture (les mains dans l'assiette, puis dans les cheveux, puis sur le visage de maman, et pourquoi pas aussi le lancé de bouillie...) ; Edward était toujours très calme pendant les repas, attendant la becquée, ou qu'il l'autorise à jouer avec les couverts en plastique. Quand l'assiette fut vidée, il lui essuya le visage, puis le reprit dans ses bras un instant ; lorsque le bébé fut trop fatigué pour continuer à répondre aux sollicitations de son père, Roy alla le coucher, prenant soin de fermer les volets, tirer les rideaux, puis le border soigneusement. Il tira sur la ficelle de la cloche musicale, et le petit s'endormit ainsi, comme tous les soirs, au son de la berceuse.
Roy sortit silencieusement de la chambre, laissant la porte tout juste entrouverte.
Puis il se prépara son propre repas, et s'attabla tout en commençant à travailler.

Il n'avait sitôt fini son assiette que le téléphone mural dans le vestibule sonna. Il se précipita pour le décrocher rapidement, se maudissant de ne pas y avoir pensé en rentrant ; espérant qu'Edward ne s'était pas réveillé, il répondit.
"Allô ?"
"Roy ? Tout va bien ?"
"Hugues... mais qu'est-ce tu fous à m'appeler à une heure pareille ?!" s'énerva-t-il – silencieusement. "Tu ne sais pas que les bébés dorment à cette heure !"
"Euh... si mais... en fait, je..."
"As-tu une bonne raison de m'appeler... ?"
"Oui ! Je voulais savoir si tu allais bien... !"
"Bien ?... Oui... bien sûr que je vais bien..."
"Non parce que, t'avais vraiment l'air d'une loque, ce matin, et..."
"Hugues, t'es lourd."
"Oui, mais..."
"Hugues, t'es lourd."
"Oui, mais..."
"Maes !"
"Oui,... bon d'accord, mais quand même..."
"Je vais bien, merci. Et Ed dors, alors ne rappelle pas. On se voit demain."
"... ok."
"Bonsoir."
"Oui... bonne nuit..."
Il raccrocha en soupirant. Il ne put s'empêcher de sourire devant l'inquiétude de son ami ; les journées étaient longues, et il était souvent fatigué... mais rien que pour passer un moment avec Edward, il était bien prêt à se coucher tard...

Plus tard, dans la nuit.
Après avoir consolé son fils, qui faisait sa neuvième dent, il s'était assis à une fenêtre du salon, observant la ville éclairée.
Un verre d'alcool à la main.
Bien sûr, ce n'était pas raisonnable. Il devait se lever tôt demain. Il aurait mieux fait de se recoucher en même tant que son fils. Mais il réfléchissait trop... Un mauvais rêve, qui revenait trop souvent...
Il porta le verre à ses lèvres dans un soupir nostalgique.
La mère d'Edward...
Elle avait quinze ans quand ils s'étaient fiancés. Elle était une élève surdouée en médecine, et venait d'obtenir son diplôme. Le plus jeune médecin que l'on ait vu... Lui, au même âge, avait commencé depuis deux ans ses études à l'école des officiers. Ils s'aimaient, et ils avaient décidé de se marier quand il serait entré dans l'armée. Puis elle était tombée enceinte...
Merveilleuse nouvelle. Du moins, au début. Ils avaient vécu les neuf mois les plus beaux de leur vie. Mais le jour de l'accouchement, il y avait eu des complications.
Edward était né, et sa mère était morte.
Roy avait été inconsolable pendant de longues semaines. Il avait frôlé la dépression. Mais Maes Hugues, alors déjà son ami, et camarade de classe, l'avait soutenu, et puis... il y avait Edward.
Son fils.
Il l'avait sauvé, d'une certaine marnière.
Il avait gardé goût à la vie grâce à lui... (et à Maes aussi, mais il ne lui aurait jamais avoué une chose pareille...)
En s'occupant de lui, c'était comme une promesse à sa femme. Oui, sa femme, car même s'ils n'étaient pas officiellement unis, elle lui avait donné un fils. C'était un peu une part d'elle-même qui était restée avec ce petit être.
Il était la chose la plus précieuse qu'il possédait au monde.
Bien sûr, cela n'avait pas été facile. L'enterrement ayant eu lieu à Central, il y eut d'abord sa mère adoptive, pour le décourager, et lui proposer de garder l'enfant ; il avait refusé. Puis les services sociaux étaient venus lui demander de le confier à un tuteur, le jugeant trop jeune pour s'occuper d'un nourrisson. Il les avait envoyés promener. Aucune loi ne l'obligeait à donner son fils à quelqu'un d'autre. Et jamais elle ne lui aurait pardonné d'abandonner leur enfant...
Il se servit un autre verre. Le quatrième. Ce n'était vraiment pas sérieux... Le liquide ambré tournait à la lumière des éclairages publiques. Il l'avala d'une traite.
Il était revenu à East City continuer ses études. Accompagné d'Edward, cette fois. Il s'était trouvé un deuxième travail pour financer les besoins de l'enfant ; ses heures à la librairie ne suffisaient plus, et l'argent de sa mère adoptive servait entièrement pour le loyer de l'appartement (c'était d'ailleurs à cette seule condition qu'elle l'avait laissé partir dans l'est, prétextant qu'il pouvait très bien étudier à Central ; elle n'envoyait jamais plus que le montant nécessaire).
Mais il s'en était sorti jusqu'à présent. Le souvenir de sa fiancée le taraudait encore, le plongeant parfois dans une humeur dépressive, que Hugues remarquait heureusement très vite ; et puis, Edward se chargeait de lui rappeler qu'il avait quelqu'un d'autre dans sa vie, à présent. Quelqu'un de tout aussi cher et précieux qu'elle...
Depuis son retour, il cumulait donc un travail dans un café, dès qu'il avait une heure de libre, des heures de gardes dans la librairie située un peu plus loin dans sa rue, son travail d'étudiant avec toutes les contraintes que cela imposait, les leçons d'alchimie de Maître Hawkeye, à qui il cachait bien tout ce qui ne concernait pas ses études d'alchimie, et bien sûr, Edward...

Un pleur dans la chambre le sortit de ses pensées ; il posa son verre et alla voir son fils. Celui-ci n'était pas réveillé, il rêvait... peut-être sa dent le gênait-elle, mais pas assez pour le sortir du sommeil.
Il le regarda donc simplement, émerveillé par toute l'innocence que dégageait ce doux visage...
Oui, sa vie était vraiment très compliquée.
Il sourit.
Mais, s'il le pouvait... pour rien au monde il ne la changerait.

# Posté le samedi 18 avril 2009 09:18

Modifié le mardi 04 août 2009 09:31

Enlèvement & Retrouvailles : Chapitre 2

Enlèvement & Retrouvailles : Chapitre 2
Chapitre 2 : Le Type Louche

"Hey, Roy !"
Le brun à lunettes descendit les marches en courant pour rejoindre son ami, délaissant les trois camarades avec qui il discutait.
"Comment ça s'est passé hier soir ?"
"Hugues, tu me poses cette question tous les matins..."
"Comment va le petit bonhomme ?"
"Il fait ses dents... il a encore passé une mauvaise nuit."
"En fait, lui il dort... C'est plutôt toi qui a passé une mauvaise nuit, non ?" se moqua gentiment son ami.
"Mfff..."
"Dis, avant que les cours commencent, il faut que je te dise un truc..."
"Si tu me parles encore de Gracia, je t'explose !"
"... tu te prends pour Mister Bombe... ?"
"Rah... me parles pas de lui..."
"Non, je suis sérieux, je veux pas te parler de Gracia... Même si hier soir elle m'a dit oui !!"
"Hugues !"
"Oui oui, pardon... En fait, c'est plus grave que ça," fit-il en reprenant son sérieux, remontant ses lunettes d'un doigt. "J'ai remarqué quelque chose de louche depuis plusieurs jours..."
Ils déposèrent leurs affaires sur les pupitres dans la salle, pour assister à leur premier cours de la matinée.
"Ah oui ? Et c'est quoi ce truc louche ?"
"Il y a un type qui te suit."
Un blanc.
"Non, mais, je suis sérieux... !"
"Et... ?"
"Mais ! C'est pas normal !"
"Maes, s'il-te-plaît..."
Exaspéré par le manque de réaction de son ami, Hugues continua :
"C'est un type louche... !"
"Mais oui..."
"Roy, sérieusement ! On dirait un vieux pervers qui te mate !"
" ... " regard en biais.
"Nan, mais... c'est vrai..."
"Tais-toi, le prof arrive..."
Malgré les protestations de Hugues, Roy n'eut cure de ses avertissements. Il passa la journée à essayer de se concentrer sur ses cours, mais ce fut difficile entre la mauvaise nuit, les mauvais souvenirs qui avaient refait surface, et la brusquerie de Hugues à tenter de le convaincre...
Il fut plus que ravi, le soir venu, d'être accueilli par un grand sourire et un regard illuminé de joie ; Edward avait le don pour lui remonter le moral...
"Merci, Madame Sharon..."
"Arrête de m'appeler madame, et inutile de me remercier tous les jours ! Vraiment, Roy, si c'était une corvée pour moi, je ne le garderai pas !"
"Aha... ! oui, pardon..."
"Rentre vite, ce petit a faim, et il lui faut quelque chose à rogner pour ses dents !"
"Compris. J'y vais. Bonsoir, mad... Molly."
"Tu vois, ce n'est pas difficile ! Bonne nuit, Roy... !"
"Bonne nuit, Molly... !"
Encore une journée de passée... Il était arrivé tard à cause des leçons d'alchimie de son maître, et il savait qu'Edward n'aimait quand le soir tombait et qu'il n'était pas à la maison... Il savait bien que Madame Sharon le gardait quand son père n'était pas là, mais la nuit, pour dormir, il n'était plus en confiance. Madame Sharon lui avait déjà dit que, malgré le fait qu'il se soit calmé, par habitude, il commençait toujours à être grognon, voire pleurait quand la nuit tombait et que son père n'était pas là... Il se sentait coupable, de le faire pleurer d'inquiétude, mais quelque part cela le rassurait, de savoir à quel point il était important pour lui (madame Sharon aurait très bien pu faire office de mère de substitution... un bébé n'était pas très regardant face à un adulte qui s'occupait de lui). Il avait craint au début que le fait qu'il soit absent souvent ne casse quelque chose entre eux, le peu de liens qu'ils avaient... mais au contraire, chaque fois qu'il revenait le chercher, c'était toujours un déferlement de sourires, de rires, de joie et de "papa" sonores... Et il s'en sentait comblé de bonheur, à chaque fois...
Les jours passaient, se changeant en semaines, puis en mois. La routine monotone pour les étudiants.
Ce mois-ci, ses deux boulots lui avaient rapporté plus qu'il n'espérait ; il pourrait offrir une belle petite fête pour le premier anniversaire de son fils. Peut-être même en invitant quelques amis proches (Hugues trouverait sûrement un moyen de le gâter...), Gracia bien sûr, et pourquoi pas Riza, la fille de son maître. Elle connaissait sa situation, et avait promis de la cacher à son père ; Roy lui en était d'ailleurs très reconnaissant...
Un autre jour de courses, un jeudi comme d'habitude, Edward accroché à sa veste devant lui ; alors qu'il était au rayon conserves, en train de discuter avec une mère plutôt âgée, il fut surpris en se retournant d'être bousculé, et violemment : l'homme n'avait même pas tourné la tête, sa queue de cheval blonde disparaissant dans une allée.
"Quel grossièreté ! Il ne s'est même pas excusé !" s'indigna la femme près de lui, outrée.
Roy secoua simplement la tête. S'il fallait se mettre à compter les gens grossiers... L'important, c'était qu'Edward n'avait pas pris le choc, bien que le regard qu'il lui lançait était un peu effrayé.
"Tout va bien, c'était juste un vilain monsieur..." sourit-il.
Le bébé le fixa encore un instant, puis se détourna en souriant à son tour, reprenant son inspection des étagères (le forçant dans le mouvement à passer un bras autour de lui tant il se penchait sur le côté, ce qui n'était pas très pratique...)
"JOYEUX ANNIVERSAIRE !!!"
"Oh non..."
"Ouah, vachement ravi, le Roy... !"
Ses camarades de classe sourirent devant son peu d'enthousiasme ; il était connu que le grand Roy Mustang n'aimait pas se mêler aux petites gens, surtout pour d'inintéressantes fêtes de ce genre.
C'était une salle de classe normale, mais les étudiants avaient passé les dernières heures à la décorer de couleurs vives ; une grande banderole trônait fièrement au plafond, indiquant : "Bon anniversaire, Roy !!" Il y avait même sur les tables ce qui semblaient être des gâteaux, des encas, et des bouteilles d'alcools en tous genres... Les jeunes filles s'étaient faites belles, dans leur plus jolie robe, et se concertaient à voix basses pour savoir qui auraient l'honneur de danser la première avec le Roy Mustang. Ce dernier, ne s'y attendant pas du tout, n'avait pourtant pas joué le jeu de la surprise : Roy n'aimait pas fêter son anniversaire sans elle... Déjà que la journée avait été fatiguante, et que son maître l'attendait en plus, il ne comptait pas s'éterniser à cette soirée surprise, même s'il peinait ses amis. Toutefois, il voulut tout de même les remercier.
"Ah, mais, c'est pas ça... Vous n'auriez pas dû..."
Hugues, l'organisateur de la fête, vit bien que son meilleur ami n'était d'humeur à faire la fiesta toute la nuit (dommage pour ces jolies demoiselles). Mais il était quand même hors de question qu'il le laisse partir si vite.
"Et puis quoi encore !?" s'offusqua-t-il. "C'est quand même pas tous les jours qu'on a dix-huit ans !!"
"Allez, Roy, amuse-toi un peu ! On a tout prévu !"
"Et t'as intérêt à t'amuser !!"
L'enthousiasme de ses camarades fut contagieux.
"Bon, bah, si je n'ai pas le choix, alors... !" fit le brun en souriant malgré lui, s'attirant des exclamations réjouies des autres.
Il dut admettre par la suite que c'était plutôt amusant, et l'ambiance détendue déteignit sur son humeur ; cet après-midi là, il rentra moins tard que prévu (ayant insisté malgré les suppliques de ses amis), et s'occupa avec Edward toute la soirée, sans se soucier du travail ou de quoi que ce soit d'autre.
Deux mois plus tard, il obtenait son poste d'officier, en tant que Sous-Lieutenant. Il alla l'annoncer à son professeur dans la soirée, mais l'homme blond n'apprécia pas la nouvelle ; il était déçu et en colère, bien qu'il ne s'énervât pas, et refusa de continuer à lui enseigner ses secrets sur l'alchimie du feu. Avant que Roy n'ait eu le temps de chercher un moyen de s'expliquer et se faire pardonner, maître Hawkeye mourut sous ses yeux... et ceux de sa fille. Il eut toutefois le temps de lui faire promettre de s'occuper d'elle...
Un poids en plus sur les épaules.
Mais Riza était une jeune fille courageuse, et avec l'héritage de son père, elle saurait s'en sortir. Elle lui indiqua d'ailleurs clairement, lors de l'enterrement, de continuer à avancer sans se soucier d'elle, à la seule condition qu'il promette de ne pas mourir. Roy sourit gentiment à cette demande ; il ne pouvait pas faire une telle promesse, mais il ferait tout pour vivre le plus longtemps possible... ne serait-ce que pour son fils.
Un peu plus tard, elle lui fit part du secret de son père, et il put parfaitement maîtriser l'alchimie du feu.
Hugues fut muté à Central, dans le service des renseignements, et ils se perdirent de vue (bien qu'il téléphona tous les soirs au jeune père pour prendre des nouvelles...).
Roy continua à étudier l'alchimie dans le but de passer l'examen d'alchimiste d'État... Il n'avait plus beaucoup de travail avec ses études militaires, à présent qu'il était un membre actif (et salarié) de l'armée, mais à part des stages et des dossiers mineurs, il avait plus de temps à consacrer à Edward, ce que le petit semblait beaucoup apprécier... !
Edward eut deux ans. Ils étaient seuls pour l'occasion, mais le petit ne devait pas regretter de quelconques compagnons de son âge. Pour lui, ç'avait été une journée ordinaire en compagnie de son père ; Roy avait pris un jour de congé exprès, prétextant être malade et ayant promis de s'occuper du dossier en cours chez lui. Il avait passé la matinée à jouer avec le bébé : tantôt dans le berceau, où Edward s'aplatissait pour se cacher en riant aux éclats ; tantôt à terre sur la moquette de la chambre, empilant des cubes, jouant avec les peluches ou se bagarrant avec son père, toujours dans des éclats de rire. À l'heure du repas, Roy lui fit goûter à plusieurs petits plats ; ce fut la séance découverte, ce qui amusa beaucoup l'enfant (bien que le mot "non !" soit assez récurent à cet âge...) Il avait de la chance d'avoir un bébé aussi ouvert et qui ne pleurait pratiquement jamais. Il se disait souvent qu'il devait tenir son tempérament de sa mère... À l'heure du bain, il découvrit également ses nouveaux jouets ; il joua longtemps dans l'eau, sous la surveillance de son père, jusqu'à ce que celle-ci soit presque froide. Même alors, il refusa de sortir, et cela donna lieu à une épique bataille entre le petit qui tapait dans l'eau de toutes ses forces en criant "non !" (quoiqu'avec un grand sourire, remarquera-t-on) et le père qui s'efforçait d'atteindre le fond de la baignoire pour la vider, se recevant moult éclaboussures au passage... Bref, une merveilleuse journée.
Quelques jours plus tard, Roy passa l'examen et le réussit haut la main ; ce nouveau statut lui fit acquérir le grade de Commandant (bien qu'en réalité, comme il s'en apercevrait vite, il n'avait pas plus d'autorité qu'un Capitaine). Il était à présent Alchimiste d'État, arme humaine destinée à combattre si besoin est. Sa mère adoptive le félicita (avec ironie) quand il lui annonça au téléphone ; Hugues fut sincèrement ravi, tout en lui rappelant qu'Edward passait avant le travail. Il y avait une autre personne à qui il aurait voulu l'annoncer... Mais il ne put le faire directement ; il ne pouvait aller jusqu'à Central juste pour une affaire de coeur. Alors se contenta-t-il de la photo qui reposait sur l'étagère.
Elle... Elle serait si fière, si elle pouvait le voir...
Cette nuit-là, après la petite fête pour célébrer sa réussite, il la passa à nouveau en grande partie à la fenêtre, un verre à la main. Il n'y pouvait rien : se soûler le faisait au moins dormir quelques heures... Il était trop tourmenté par ses pensées pour pouvoir trouver un sommeil paisible. Hugues le verrait, il lui servirait encore l'un de ses sermons à la con, et pourtant si vrais, comme quoi il risquait un jour de faire une bêtise, sous l'emprise de l'alcool... peut-être ne plus entendre Edward, le lâcher, tomber dans les pommes en le laissant en situation de danger... sans compter la mauvaise image qu'il aurait de son père...
Mais...
Ce n'était que la nuit...
La nuit, le petit dormait...
Il pouvait bien penser tranquillement à sa femme, quand il dormait...
Il termina son verre d'une traite, et se maudit d'être aussi faible. Tout le monde lui proposait son aide, mais il refusait, et en réalité, il savait bien qu'il avait besoin d'aide...
Son fils grandissait chaque jour un peu plus... il ne pouvait pas le laisser...
Sa mère était morte, mais... il était là... il ne pouvait pas lui faire ça... pas à lui...
Sa tête tournait... bizarre... il n'en était qu'au deuxième verre... sans doute la fatigue... Au moins, il était épuisé, maintenant, il avait le vertige...
Il se dirigea à tâtons vers sa chambre, titubant face au tournis qui s'empara de lui.
Il ne se rendit pas compte que le sol venait à sa rencontre. Pas plus qu'il n'avait remarqué la fenêtre éclairée, en face de la sienne, d'où une ombre étrange le surveillait.
Sa dernière pensée lucide fut : l'alcool avait un drôle de goût, ce soir...

# Posté le samedi 18 avril 2009 10:25

Modifié le mardi 04 août 2009 09:31